2000 fut pour la scène métal française une grande année puisque ce fut
celle du premier cd d'un de ses plus grands groupes : Gojira.
Lumière sur ce terme si singulier: comme le veut la légende japonaise, il désigne un monstre mutant venu
se venger des humains qui polluent la planète ...
Et quelle vengeance ! Le groupe est à mi-chemin entre Meshuggah et
Death, par son agressivité, la non linéarité de l'album, mais aussi par
son côté progressif et planant...
La voix si spécifique, alternant la douleur humaine et la monstruosité,
colle très bien à la musique. Les textes vont des simples métaphores
sur les méfaits de la pollution aux incantations faites aux dieux de la
nature. Gojira se veut donc avant tout porteur d'un message, et un tel
engagement est plutôt rare dans la scène Métal, donc respectable.
Gojira est composé de deux guitaristes rythmiques. Leur jeux est assez varié, mais il n'y a pas de solo à proprement parler, plutôt de nombreux interludes marqués par des riffs aigus, le mieux étant bien sûr d'écouter pour se faire une vraie idée...
Gojira est un de ces rares bons groupes de métal où le bassiste a
vraiment une place à part et est particulièrement mis en avant. Quant au batteur,
Mario Duplantier, il possède véritablement son propre style, tout en
empruntant à ce qui s'est déjà fait dans le milieu Métal extrême.
L'album démarre d'un coup sec avec "Clone". Le premier riff est déjà
original, et il en sera de même pour la plus grande partie de l'album.
Tout d'abord, on peut voir dans cette chanson à quel point Gojira sait
alterner sans s'arrêter des parties complètement saccadées et d'autres beaucoup plus liées et posées. C'est surtout le cas pour la
batterie qui ne cesse d'alterner des rythmes très rapides avec d'autres
plus lents. Au fur et à mesure de l'écoute, le contraste est de plus en
plus flagrant. "Fire is everything" nous propose par exemple une série de riffs des plus violents, alternés par un passage chanté tant beau que maîtrisé.
"Satan Is A Lawyer" vient ensuite avec un rythme plutôt Funk vraiment
intéressant. On peut déjà penser à ce qu'avait tenter de faire Slipknot
dans leur première démo, c'est-à-dire un mélange de Funk et de Death.
Les alternances Funk et Death sont vraiment réussies, et le morceau a une
porté entraînante, presque Groove (comme savent très bien le faire des
groupes comme Testament en Thrash).
"04" est une sorte d'interlude du cd. Gojira est en effet maître dans
la manière de gérer les interludes, que ce soit dans les chansons ou
les cds, donnant une valeur certaine à tout l'ensemble.
Par exemple, celle-ci est entièrement à la guitare clean, tandis que
"5988 trillons de tonnes" est entièrement jouée au bambou. D'autres
interludes correspondent à des incantations mystiques, et d'autres
encore sont tout bonnement insupportables, pour choquer l'auditeur,
notamment "1990 Quatrillions de tonnes".
Contrairement à beaucoup d'albums, les meilleurs chansons, telles que
"Space Time" ou "Love" se situent dans la deuxième moitié du cd, si
bien que l'auditeur ne se lasse pas, ce qui est un très bon point.
Enfin, "In The Forest" clôt le cd de manière excellente, puisqu'il
s'agit d'un air incroyablement mélodique, "I want to leave in the
forest forever". Gojira, une fois vengé, retourne à la nature. Cette
chanson est un requiem, jouée à la fin de tous leurs lives. Il y a
enfin une chanson bonus jouée entièrement avec des effets d'harmoniques
à la guitare clean, c'est en quelque sorte l'outro du cd, le générique
de fin de ce chef d'oeuvre du Métal Français.
Ce n'est pas dans nos habitudes de chroniquer du néo-classique. Mais quand c'est Equilibrium Music qui supervise, on ne peut être qu'un peu trop curieux. Ashram n'est pas nouveau sur le circuit, comme votre serviteur le pensait, mais, assourdis par les riffs agressifs du metal, on a tendance à oublier l'existence de telles sonorités. Après une éclipse de quatre ans, suite à un album éponyme, Ashram revient donc avec une production qui ne risque pas de passer inaperçue malgré sa légèreté. En effet, Ashram s'est contenté de seulement deux instruments (trois sur quelques titres), tout autre instrument ayant pu défigurer cette image de pureté, de légèreté.
La maîtrise des instruments, et plus précisément du piano, constitue la base musicale d'Ashram, de dernier étant accompagné par un violon tantôt dominant, tantôt discret, timide. La voix de Sergio Panararella trempe la musique dans une ambiance mélancolique à faire chavirer les coeurs sans pour autant virer dans le pathétique, "à la kleenex". "Shining Silver skies" nous laisse en tête l'image d'une musique légère, simple et fragile, d'une pureté rare, qui essaie de garder son équilibre sur les cordes fines du violon guidé par de charmantes notes de piano.
En somme, un disque indispensable pour tous ceux qui aimeraient bien se relaxer et se changer les idées.
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