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Opinions écrites par Metsnake

 Therion - Gothic Kabbalah,  04/25/07-06-2007

Note générale (weighted)
4.6
Musicalité
4.0
Originalité
5.0
Feeling
5.0
Production
5.0
Durabilité
4.0
Artwork
4.0
Voilà trois ans que les Metalleux attendent le troisième chapitre de la trilogie promise par Therion pour donner suite au somptueux double Album Lemuria/Serius B. Pourtant, en parfait musicien variant les plaisirs, Christofer Johnsson, le MasterMind du groupe décide de prolonge nos attentes. Des mythologies grecs et russes, la tradition égyptienne et quelques éléments de la référence fantaisiste « Le Seigneur des Anneaux », Therion décide d’aborder un nouveau sentier : la philosophie mystique nordique appelée « Kabbale Gothique » et instaurée par un mystique personnage : Johannes Bureus. Il se trouve d’une autre part que Thomas Carlsson, le neuvième membre invisible de Therion, inspirateur de l’œuvre du groupe et ami très proche des membres est une référence mondiale du sujet. Il aida d’ailleurs énormément Johnsson à se documenter sur le sujet en visitant des bibliothèques historiques ainsi que la maison de Bureus.

Tout ceci pour dire que Therion fait les choses à la perfection et par passion avant tout. Pourtant, Gothic Kabbalah risque de décevoir les fidèles du groupe, surtout à la première écoute. On est en présence d’un Concept Album, loin du schéma purement orchestral qui caractérise le groupe et qui renferme un esprit progressif étrange. Mais c’est difficile de ne pas reconnaître Therion derrière tout ça : la composition, les arrangements, les passages entre les parties symphoniques et ceux plus Heavy ainsi que l’évolution des paroles et de l’histoire tout au long du disque (un double album SVP !) sont monstrueusement parfaits. Une habitude dites-vous ? Oui, mais ce qui a changé est essentiellement tout ce qui dépasse ces bases. On ne retrouve plus les riffs aux allures orchestrales et épiques, pas de parties orchestrales prenant le dessus, pas de chœurs non plus. D’ailleurs c’est surtout ce point que nous regrettons, l’absence de chœurs qui mettent des frissons dans le dos. Attention, on ne dit surtout pas que le travail des vocalistes est moindre que l’habitude. Bien au contraire, quatre vocalistes, chacun un maître dans son domaine donnent une toute autre dimension à cet album, voire même l’essence de cet album.
Mention très spéciale au grand chanteur qu’est Mats leven, une prestation et une voix hors normes sur les parties Heavy! Comme d’habitude, Snowy Shaw assure les parties gothiques et black du chant avec perfection. Quant au charme gothique, sensuel et opératique du chant, il est assuré par le duo Katarina Lilja sur les parties les plus claires, et Hannah Holgersson sur les parties Soprano.

Côté musique, pour être plus précis, sur la majorité des titres, les guitares prennent le dessus sur les violons et la flûte qui donnaient cette dimension unique à l’œuvre de Therion. C’est donc la basse qui constitue la ligne conductrice de la galette. Voilà ce qui caractérise généralement l’album. Après, chaque titre possède ses propres points forts, et sur un double album comme c’est le cas ici, la diversité et la complexité de ces éléments rendent difficile l’énumération de ces points. Justement, c’est le point fort de Therion : brouiller les pistes, diversifier les sons et multiplier les éléments musicaux, tous indépendants et plus délicieux les uns que les autres.

C’est comme ça qu’on découvre l’esprit classique sur « Tuna 1613 », la composition progressive très surprenante de « The Perrenial Sophia », la technique ahurissante de « Adulruna Redivivia », la dimension théâtrale black sur « Mitternacht Lowe ».
Mon morceau préféré, que j’écoute quotidiennement une bonne dizaine de fois depuis est sans aucun doute « Gothic Kabbalah », un concentré d’ambiances médiévales et folkolriques, de riffs terriblement efficaces, de lignes de basse phénoménales, des parties vocales somptueuses de Hannah et Mats : un vrai régal qui résume à lui seul tout une histoire de tout un album, à écouter et réécouter sans modération.

Voilà donc, Therion les maîtres du Metal symphonique, ajoutent une autre pierre des plus précieuses à un édifice déjà très riche. Il est vrai que cet album est une exception dans une carrière adoptant un style musical particulier, mais il est indéniable qu’il assure cette faculté du groupe à varier son style, à l’innover, à le creuser, en variant les sons et les thèmes tout en gardant l’essence de leur œuvre.


 Blind Guardian - A Twist In The Myth,  02/22/07-10-2007

Note générale (weighted)
4.3
Musicalité
4.0
Originalité
4.0
Feeling
5.0
Production
5.0
Durabilité
4.0
Artwork
4.0

Hansi Kûrsch, le leader de Blind Guardian est un de ces rares musiciens qui ne connaissent pas de répit, et travaillent sans relâche pour se dévouer corps et âme à la musique et au bonheur des fans. Le groupe fut quasiment le premier de sa communauté de groupes de Speed épique s'inspirant de la grande oeuvre de Tolkien, à organiser son propre festival : le Blind Guardian Open Air en 2003, et ce juste après la sortie d'un album aussi complexe que « A Night At The Opera » en 2002. Kûrsch trouve pourtant le temps de se consacrer juste après à un nouvel album de « Demons & Wizards », de travailler en parallèle sur son projet légendaire avec Blind Guardian (un album symphonique qui se prépare depuis plus que 10 ans), et de nous sortir en 2006 cette merveilleuse galette qu'est « A Twist In The Myth ».

Mais en vérité, les fans attendaient impatiemment la sortie de cet album, surtout après « A Night At The Opera » qui avec le recul, reste franchement une déception : excessivement complexe, trop condensé et surchargé en éléments musicaux riches, il avait marqué un saut géant vers un univers difficilement digérable pour les fans qui lui préféraient un Power épique aussi riche, mais plus accessible. Aujourd'hui, il ne fait aucun doute que « A Twist In The Myth » satisfait et dépasse toute attente et tout espoir des fidèles du combo. 

« This Will Never End » ouvre la galette avec un refrain très catchy. Le titre est certes Speed, mais vire vers un côté Heavy gothique. La voix de Kûrsch étonne, très mélodieuse et se mariant parfaitement avec des choeurs travaillés et bien recherchés tout en étant accessibles. On est loin des choeurs indigérables de l'album précédent. « Otherland » continue sur la même ligne, le refrain est très accrocheur, très varié sur les différentes parties de la chanson, mais sans autant choquer. « Turn The Page » est un titre plus celtique et plus médiéval qui marque un retour aux sources et aux traditions du début en 95. La voix de Kûrsch, toujours aussi directrice et mélodieuse, semble cohabiter de manière hallucinante avec les choeurs. Le refrain est très progressif, catchy, mélodique tout en restant médiéval. On a du mal à décrire honnêtement les sensations que nous procure cet album par ses quelques premiers titres, mais on est tout simplement en présence d'une merveille.

« Fly » est le morceau qui traduit le plus cette capacité hallucinante des allemands à marier parfaitement les éléments modernes et recherchés de leur musique, aux sonorités médiévales et épiques classiques. Ce titre est complexe tout en restant cernable, moderne tout en restant classique. La voix de Kûrsch prend le dessus par un échange parfaitement maîtrisé entre un timbre directeur et mélodieux, et un autre plus discret et grave. Les solos d'André Olbrich sont merveilleux et ne semblent pas se détacher des refrains, toujours aussi variés, et de la performance du nouveau batteur, Frederik Ehmke qui ne démérite pas non plus. Le tout, même si complexe, est bien structuré.

« Carry The Blessed Home » est un ballade, mais une ballade à la Blind Guardian, avec une sonorité Power épique et un refrain celtique, pourtant parfois Heavy. Ce titre rappelle étrangement « The Hobbit », un des titres légendaires du groupe. Le titre aborde l'oeuvre de Stephen King (The Dark Tower) mais l'ambiance du Seigneur des Anneaux s'impose dans l'esprit. Fabuleux !!!

« Another Stranger Me », « Straight Through The Mirror » et « Lionheart » sont des titres plus Heavy et plus Speed. On s'approche plus des sonorités classiques du groupe, les refrains étant pourtant modernes et progressifs, et se transformant fabuleusement en des solos.

« Skalds and Shadows » est la pause acoustique incontournable. La voix étonne toujours par ce double jeu entre le timbre mélodieux et le timbre grave, la guitare joue sur un fond de violons et de flûtes, une mélodie celtique, médiévale adressant un clin d'oeil à l'ambiance instaurée par l'oeuvre de Tolkien qui manque à cet album, ce titre abordant une légende nordique. Ce titre possède un potentiel énorme d'un morceau classique.  

« The Edge » est le titre le plus puissant et le plus Heavy de l'album. La mélodie est grandiose, et chevauche une limite entre le Heavy et le Power...et a un certain côté Boogie très particulier, une limite que Hansi viole par sa voix, mettant de son âme pour crier sur quelques parties.

« The New Order » et « Dead Sound Of Misery » cloturent le disque sur des sonorités plus progressives et plus modernes. Sans ajouter du nouveau à l'ensemble, ils semblent pourtant porteurs d'espoir.

En somme, « A Twist In The Myth » est un album qui sonne sur la limite entre les précédents albums du groupe. Power Metal, Heavy gothique, sonorités médiévales et celtes épiques, des instrumentistes au jeu lumineux sur les riffs et les solos, mais aussi la batterie, le tout accentuée par la voix merveilleuse de Kûrsch sombre, mélodieuse et prolongée par des choeurs divins et travaillés, textes mélangeant réalité, oeuvres fantastiques et mythologie (d'où nous devinons le titre de l'album), voilà la recette qui a conduit Blind Guardain à frôler la perfection sur cet album. Cette oeuvre est classique mais moderne et progressive, complexe, technique, mais accessible, riche mais compréhensible. Blind Guardian signe un de ses meilleurs albums, si ce n'est le meilleur et s'impose logiquement et simplement comme le meilleur groupe de sa catégorie.



 Celestial Crown - Suicidal Angels,  02/22/07-48-2007

Note générale (weighted)
3.7
Musicalité
4.0
Originalité
3.0
Feeling
4.0
Production
4.0
Durabilité
3.0
Artwork
4.0
Celestial Crown est un groupe estonien qui symbolise l’expansion très récente du Metal dans ce petit pays aux traditions musicales très classiques. La musique qu’ils composent constitue un essai de leur part de comprendre l’univers qui les entoure. Les paroles sont l’œuvre d’un esprit humain torturé par l’ignorance et varient généralement entre des interrogations purement physiques et d’autres traitant la dualité éternelle entre Dieu et ses anges d’une part, et le diable d’une autre part. La cause de l’existence humaine se trouve du coup la principale question abordée dans cette musique particulière.

Ce genre de disques ne peut être en aucun cas traité titre par titre, puisqu’il constitue une sorte de suite musicale ou de chef d’œuvre complet. On va donc dans ce cas le traiter dans sa globalité.


Ce disque commence donc sur un fond de piano couplé par un solo qui cède rapidement sa place aux riffs de guitares saturées. Les mélodies sont ici mélancoliques, tristes et accompagnées sur les premiers couplets d’une voix des plus Doom qui se transforme en une fausse voix à la Black. Une voix féminine vient apporter la touche fine à la beauté de ce tableau.


Celestial Crown sont des maîtres dans l’art de changer de rythmes, ce disque contenant beaucoup de passages aisément et efficacement effectués entre des passages calmes à la limite de la douceur avec une guitare en arpége et un piano pour seul ligne conductrice, et d’autres passages nettement plus Heavy et rageurs dans lesquels les guitares saturées et la basse prennent le dessus. Certains passages voient même ces passages s’alterner sans pourtant déranger. La ton du chanteur (et de la chanteuse) varie intelligemment entre la fausse voix, rageuse et déchireuse, et la voix claire, inquiète et dépressive. Les voix féminines sur les passages les plus tristes, à la limite de la dépression, semblent vouloir être assimilées à des voix de sirènes ou d’êtres en dehors de cet univers. On en prend conscience de la beauté de cette œuvre.


Le résultat est un univers sombre et très accrocheur, une mélodie dont la beauté est au dessus de toute description, et un disque qui progresse au rythme d’un esprit tourmenté, pour faire varier les rythmes et les mélodies mais qui converge pourtant à la fin de chaque titre vers une même mélodie qui constitue la principale inspiration du disque.

Les deux derniers titres semblent résumer tous les éléments contenus dans le disque. Ce condensé très riche en éléments musicaux constitue à lui seul un univers dont la beauté est indescriptible et dont l’expression des émotions qu’il dégage prendrait des pages. On retient surtout le passage sur le dernier titre où le fond Piano avec la voix Doom en écho se voit succédé par un couplet voix Black/Voix féminine effréné qui nous parcourt de frissons, avant que l’album ne s’achève par le même fond s’évanouissant.


Celestial Crown ne fait que confirmer par ce disque que pour écouter de le belle musique et du Metal bien inspiré, il vaut mieux puiser dans l’archive Underground des groupes moins connus que d’attendre les sorties en demi teinte des ténors du genre. Suicidal Angels est plus qu’un album, mais un vrai condensé délicieux d’émotions à savourer.


 Delain - Lucidity,  02/18/07-41-2007

Note générale (weighted)
2.8
Musicalité
3.0
Originalité
2.0
Feeling
3.0
Production
4.0
Durabilité
3.0
Artwork
3.0
« Lucidity » est le dernier joyau pondu par l'équipe Roadrunners, une équipe autour de laquelle plane l'ombre du doute, suite à différents albums de ténors transformés en géants commerciaux. Cette fois, c'est à Martijn Westerholt, l'ex-Keyboard de « Within Temptation » qu'est confiée la mission d'user de toutes les relations et l'argent du label pour attiser les attentes du public. Le musicien ne s'en prive pas, et s'entoure d'un nombre impressionnant de musiciens qui unissent leurs efforts sur cet album pour sortir cette 'uvre controversée après une longue attente pimentée par des extraits juteux parus sur le site du groupe.

Après maintes écoutes, la première remarque qui s'impose est incontestablement que Roadrunners a beaucoup misé sur cet album. « Delain » ne jouit pas seulement d'un site Internet, d'une collaboration hors normes et d'une attente sans précédent depuis son premier effort, mais nous gratifie d'un son et d'une production énormes, quasiment jamais entendus sur un premier album d'un quelconque groupe. Mais laissons de côté ces préjugés extérieurs à la musique, et parlons de l'essentiel.

La galette est une suite de titres appartenant au même univers, c'est donc une sorte de long titre divisé en plusieurs morceaux très ressemblants les uns aux autres. En effet, il s'agit quasiment des mêmes arrangements et des mêmes riffs qui rabaissent la composition, déjà très simple, à un niveau amateur.

Pourtant, l'ambiance au début de l'album est très envoûtante. L'auditeur pénètre assez naturellement dans l'univers gothique progressif de l'album. « Sever », le premier titre, est un excellent condensé de sensations que seul le Metal peut procurer. Comme prévu, le clavier prend le dessus avec la belle voix aussi chaude que riche de Charlotte Wessels , une inconnue dont l'avenir est désormais assuré. Le chant clair et vif et les ch'urs présents sur quelques passages tous aussi excellents procurent au morceau une dimension incroyablement émotive. « Frozen » et « Silhouette OF A Dancer » continuent sur la même voie en enfonçant le clou. On alterne les passages calmes avec ceux plus hauts et plus osés, les quelques riffs violents mais simples présents ne dérangeant aucunement cet univers gothique hollandais par excellence. Hollandais, car l'ambiance innovatrice instaurée au Metal par « Within Temptation » commence à se faire ressentir.

Comme par hasard, le titre suivant « No Compliance » est marqué par le timbre très particulier de son invitée d'honneur, qui n'est autre que Sharon Den Adel, la chanteuse des « Within Temptation ». Nos doutes deviennent des certitudes quand un ami souvent présent dans l''uvre des hollandais fait une apparence fugitive, et pas seulement sur ce titre. Il s'agit de George Oosthoek d' « Orphanage ». Ce titre aurait pu signer la fin de l'album, car le reste n'est que répétition fastidieuse des éléments présents sur les quatre premiers titres, sans rien apporter de nouveau. Au contraire, le copiage de « Within Temptation » et la simplicité excessive de la composition et des riffs se font de plus en plus ressentir. Les seuls titres sortant du lot sont « Daylight Lucidity » et le dernier titre « Pristine » qui dégagent une ambiance exceptionnelle, notamment grâce à la mélodie plus maîtrisée, et plus présente que sur le reste de l'album. Mis à part ceci, les apparences des invités se multiplient, on a don droit à Marko Hietala de « Nightwish » qui apporte quand le besoin se fait ressentir quelques belles touches par sa basse, ou sa voix sur les passages Clean, Liv Kristine de « Leaves' Eyes », très remarquable, Jan Yrlund ex « Lacrimosa » omni présent et Ad Sluyter d' « Epica ». Même si leur apport est indéniable, « Lucidity » reste un album en dessous de la moyenne, surtout à cause de sa composition très simple, en contradiction flagrante avec le niveau professionnel des musiciens, les moyens mis en 'uvre par le label, mais surtout avec la production et le son très professionnels et quasiment parfaits. On a plus l'impression d'être en présence d'une copie très mal conçue de l''uvre des excellents « Within Temptation » qu'en possession d'un vrai album de Metal gothique.

En fin de compte, « Delain » mérite plus d'être (et est peut être) un projet ou un side projet, qu'un groupe à part entière. Pire encore, il s'agirait peut être d'un coup commercial de Roadrunners, à une exception prés : d'un côté artistique, ce coup a un potentiel beaucoup plus énorme et plus respectable que les autres fruits commerciaux du label.


 Slayer - Christ Illusion,  02/18/07-12-2007

Note générale (weighted)
2.8
Musicalité
3.0
Originalité
2.0
Feeling
3.0
Production
4.0
Durabilité
3.0
Artwork
2.0
Avec Metallica, Megadeth et Anthrax, Slayer forme une entité très restreinte et prestigieuse appelée « Big Four », en hommage aux icônes du Thrash qu'ils sont. Slayer s'impose pourtant aux yeux des passionnés du genre comme le groupe le plus engagé du quatuor, et pour cause, le groupe s'est montré le plus attaché à ses racines « malsaines ».

C'est donc une euphorie totale qui accompagne la sortie de ce nouvel opus « Christ Illusion », puisqu'il est non seulement le premier effort du groupe depuis le « God Hates Us All » de 2001, mais aussi le premier album pondu par le Line Up original du groupe depuis le fabuleux « Seasons In The Abyss » de 1991, Dave Lombardo reprenant pour l'occasion sa place derrière la triple caisse unique dans son genre.

L'album débute par « Flesh Storm », un morceau centré autour d'un riff très banal, peu imaginatif, toujours rapide mais tout aussi faible. D'emblée, la voix de Tom Araya qui répète une seule phrase « It's all just a kind of devotion, manipulated with your dissgration », choque par le changement radical qu'elle présente par rapport aux prestations Live. La production et le mixage posent donc dés le début beaucoup de points d'interrogation. La réponse est simple : Rick Rubin, leur producteur habituel vient de leur préférer le camp Metallica.

Le morceau suivant « Catalyst » est le seul renfermant un riff respectable, très original et réussi, mais toujours aussi répétitif et lassant. La voix de Araya semble crier aux bords de ses limites. Il est bizarre qu'on ne trouve rien de plus à dire concernant ce titre, mais c'est pourtant le cas.

L'album continue dans une monotonie infernale. On est très loin du mélange Vitesse/Technique qui impressionnait tant les fans et qui a propulsé le groupe au sommet. « Skeleton Christ » et « Eyes Of The Insane » n'en sont pas les exeptions. La musique est violente, rapide, agressive, rien à dire. Mais le génie qui mélangeait ces éléments à des mélodies impressionnantes et une technique sans failles a totalement disparu. Les paroles sont faibles, l'anglais utilisé tombant parfois à un niveau très bas, même si les sujets traités varient comme à l'accoutumée entre la guerre, la torture et le satanisme. Les paroles de « Cult » en sont témoins par leur faiblesse et leur banalité. On dirait qu'un gosse dépourvu de toute inspiration s'est penché dessus.

« Jihad », le titre qui a suscité les rumeurs allant même jusqu'à le comparer à « Angel Of Death » est tout simplement un fiasco total. Le riff est très enfantin et digne d'un groupe de Néo Metal ou pire encore, on dirait qu'il est sorti tout juste d'un album de System Of A Down. La voix de Araya est totalement perdue et dépassée par la rapidité de la musique. Il a donc bien fait de laisser sa place dans « Jihad » à une autre voix, qui s'est voulue de représenter un « terroriste » du 11/9.

« Black Serenade » et « Supremist » clôturent cet album, mais toujours sans rien ajouter de nouveau.

Cet album est un massacre total qui va très probablement toucher très profondément la réputation du groupe. Je dirai même que Slayer vient de nous pondre son propre St. Anger. « Christ Illusion » est un album qui ne renferme que des riffs mais aucune mélodie, aucun feeling, aucun génie. La voix de Araya semble pousser ses derniers soupirs, la faute est peut être à la production très moyenne de cet album, le son déméritant profondément, à l'image de «God Hates Us All ». Les compositions ont perdu de leur complexité et de leur vélocité légendaire, et sont à la limite de la naïveté. Kerry King et Jeff Hanneman ont perdu de leur génie de composition mais pas de leur génie de guitaristes. Les solos sont excellents, que ce soit au niveau de leur composition, complexité ou de leur jeu. Mention spéciale aussi à Dave Lombardo dont le son de la batterie est toujours aussi phénoménal mais qui n'ajoute rien à cet album dépourvu de toute âme de génie.

Il est très difficile de parler de la sorte d'une légende comme Slayer, ça fait mal au c'ur de le dire, mais le groupe est désormais emprisonné du génie de ses anciens morceaux, la régression de ses derniers albums depuis « Seasons In The Abyss » se confirme. En fin de compte, Kerry King ferait mieux de voir ses critiques envers Metallica d'un autre 'il puisqu'ils sont toutes aussi applicables à Slayer.


 Tool - 10,000 Days,  02/18/07-50-2007

Note générale (weighted)
4.1
Musicalité
4.0
Originalité
4.0
Feeling
4.0
Production
5.0
Durabilité
4.0
Artwork
3.0

Tool fait partie de ces groupes qui constituent un cas à part sur la scène musicale. Bien que leur style soit impopulaire, leurs oeuvres s'imposent paradoxalement à la tête des différents Charts mondiaux. Tool possède une véritable armée de fans fidèles au combo et totalement accros à sa musique tribale.

En effet, depuis « Lateralus », son dernier chef d'oeuvre paru il y a cinq ans, Tool n'avait rien pondu. Le groupe se faisait un plaisir à travailler sur des side-projects, « The Melvins » et « A Perfect Circle » en tête, laissant ses fans s'impatienter à réécouter inlassablement sa fabuleuse discographie. Le nouvel opus tardait à sortir et pour cause, le groupe disait prendre tout son temps à cherche de nouvelles pistes et de nouveaux éléments pour renouveler son style.

C'est donc après une interminable attente que ce « 10 000 Days » sort dans les bacs, et les critiques sont d'ores et déjà très divisées à son sujet.

Le disque commence par la chanson la plus accessible à l'oreille. « Vicarious » est un morceau calme mais solide centré autour d'un duo guitare arpége - basse sur le fond d'une batterie perfectionnée dont la double pédale, bien qu'en arrière plan, donne une toute autre dimension et ambiance à ce morceau. Le chant y commence par des chuchotements pour changer sur certains passages en des cris. Mettant en avant  le côté sombre du morceau, il offre avec la batterie une touche émotionnelle unique à Tool. « Jambi » continue sur le même rythme. Cette chanson est linéaire et calme, elle évolue par rapport au morceau qui la précède en donnant l'impression que l'album monte dans le ton, les riffs sont plus rapides mais le morceau reste calme. Tool frôle la limite entre le soft et le Heavy Metal : un coup de maîtres.

« Wings For Marie : Part 1 » constitue l'apogée de bonheur du disque. Une guitare apaisante simple mais belle, une basse dont les notes semblent on ne plus parfaitement temporisées, une batterie douce et une voie divine qui se veut de représenter les voix d'ange, en suivant le contexte des paroles. « 10 000 Days : Part 2 » en est la suite, la basse devient plus hypnotisante,  la voix plus dure et les effets de pluie et d'orages ne font que compléter le portrait. Le tempo augmente pour accompagner les voix en choeurs qui, couplés à la voix douce du chanteur, font de ce morceau un tableau artistique sublime. C'est le morceau le plus réussi.

Les morceaux ensuite semblent traîner dans les pattes de « Jambi » puisque « The Pot » et « Lipan Conjuring » sont deux morceaux dont l'ambiance se situe dans cette mystérieuse limite entre Soft et Heavy, une limite que Tool semble bien maîtriser.

« Lost Keys » est un morceau étrange et lourd. Les riffs varient entre un tempo déchaîné et un autre nettement plus calme et endormi. On entend même des halètements à la fin, et ça résume tout. « Rosetta Stoned » en est la continuité, l'émotion que ce morceau dégage est douloureuse, souffrante et le chant fond de manière très intelligente dans cette ambiance.

Les trois derniers morceaux sont nettement plus calme, et semblent, somme toute faite, le calme qui règne dans un esprit endolori après une souffrance sans limites. L'ambiance y est rêveuse. La symbiose entre les instruments et le chant forme une atmosphère unique à Tool.

« Viginti Tres » est le parfait Outro de ce disque, une descente sur terre après une jouissance musicale hors du commun.

Finalement, ce disque est un de ces bijoux dont seul Tool connaît le secret. Il constitue aussi une progression logique dans un processus musical hors normes. Le chant mais surtout la batterie ont incroyablement progressé depuis 1991. Le changement de ton dans les différents couplets et la double pédale des plus calmes qu'on pourrait entendre en sont les preuves.  La charge émotionnelle est peut être plus touchante et plus tranchante que jamais.

Tool confirme encore que son style et son genre sont indéfinies et restent dans un moyen lieu entre tous les genres musicaux. Ce disque est un joyau à écouter et à savourer. On espère seulement que la rumeur selon laquelle « 10 000 Days » soit la période à attendre avant la sortie du prochain album, soit fausse.

 



 Iron Maiden : A Matter of Life and Death,  12/06/06-54-2006

Note générale (weighted)
2.6
Musicalité
3.0
Originalité
2.0
Feeling
2.0
Production
4.0
Durabilité
2.0
Artwork
4.0
Le retour au devant de la scène de la légendaire « vierge en fer » était attendu de pied ferme par tous les spécialistes. Même si Iron Maiden n'a pas autant déçu que les autres ténors du genre, son 'uvre précédente « Dance Of Death » avait suscité les chroniques les plus opposées. Pour une majorité, elle constituait une déception et une tâche noire dans un palmarès des plus honorables. Pour une autre minorité (dont nous faisons partie), cet album avait marqué un tournant dans la manière de composer du groupe, qui s'inspire dorénavant de sonorités plus épiques et moins sataniques que d'habitude. Cette idée s'est, à notre sens, instaurée encore plus grâce à ce dernier « A Matter Of Life And Death ». Même si le titre et la pochette sont peut être trop simplistes, l'album l'est beaucoup moins. De façon plus précise, on n'est pas en présence d'un classique historique comme « Number Of The Beast » ou bien encore le fabuleux « Brave New World », mais toujours est-il que Maiden a retenu la leçon en rectifiant le tir sur ce qui avait pu décevoir sur « Dance of Death ». Les six maîtres sont toujours aussi inspirés, d'autant plus que cet album traite de sujets nouveaux dans l'univers Maiden comme la guerre, la religion, le respect, mais toujours sous la thématique Vie/Mort, le groupe ne donnant donc pas dans l'originalité.

« Different World », single de l'album et premier titre est un fiasco, très loin de ce qu'on peut appeler un single : très court, la rythmique, même pas digne d'être appelée un Riff, n'est vraiment pas accrocheuse et est donc indigne de Maiden. Pourtant, ce titre ne reflète pas le reste de l'album, nettement meilleur. Notons surtout que cet album ne marque pas son auditeur dès la première écoute. Il en faut beaucoup plus pour pouvoir le digérer.

« These Colours Don't Run » est un titre typique de Maiden, un brin effacé et ordinaire. Bien qu'il soit épique et truffé de solos, ce titre dégage une impression de déjà entendu, et perd donc toute son utilité.

« Brighter Thant A Thousand Suns » marque l'efficacité de plus en plus grandissante du trio Smith/Dickinson/Smith dans une composition plus complexe qu'à l'accoutumée. Dickinson joue un rôle important dans la composition des refrains. Ici, c'est un refrain crunchy à la limite du thrash, non habituel chez Maiden, mais qui co-habite parfaitement avec une mélodie signée Adrian Smith. Ce titre possède deux solos, un premier très rapide et accrocheur, et un deuxième qui semble plus accompagner la rythmique. Le chant de Dickinson, bien qu'il soit très en décalage par rapport à ses confrères du genre, donne son propre timbre à la musique en alternant ici des couplets rageurs avec d'autres plus calmes et progressifs. Ce titre trouverait volontiers sa place sur « Powerslave ». « The Pilgrim » marque une baisse de régime, et une présence de Gers sur la composition (coïncidence '). Quelques passages celtiques, et un refrain effréné, rien de plus. Ce titre est assez direct, loin des performances habituelles de Maiden.

« The Longest Day » ou le titre phare par excellence. Harris impose sa mélodie et sa basse sur toute l'ambiance du titre. Le refrain est douloureux, et la batterie de McBrain, sonnant comme des coups de canons ou des bombes, ne fait qu'aggraver les choses. Ce titre est noir de tristesse et sombre, son côté épique faisant de lui un des meilleurs titres du groupe. Il traite de la guerre et des malheurs de l'espèce humaine et nous rappelle ainsi de grands moments vécus grâce à « Seventh Son Of A Seventh Son ». « Out Of The Shadows » continue sur la même lancée, c'est une Power ballade avec une ligne directrice plus lourde et une guitare acoustique devenue un premier choix du groupe.

« The Reincarnation Of Benjamin Breeg » est un titre copie quasi-conforme de « Dance Of Death » avec une intro narrative mais moins inspirée et une deuxième partie conduite essentiellement par un riff Heavy. Ici, « Dance Of Death » l'emporte haut la main avec ses solos virtuoses et ses parties plus variées et moins directes. « For The Greater Good Of God » est quant à lui un morceau fatidique, limite ennuyant. Etrangement, ce titre est signé par Harris, qui décidément est aujourd'hui plus inspiré quand il compose accompagné par Dickinson ou Smith. Le morceau a bien une ambiance épique unique, un refrain bien recherché et des parties instrumentales typiques au groupe. Il n'arrive pourtant pas à décoller.

Pour clore le disque, Maiden laisse le meilleur pour la fin, je cite « Lord Of Light » et « The Legacy ». Le premier est un titre qui part en douceur, sur un fond de chant posé et moins crieur de Dickinson pour se transformer en une cascade de solos, de rythmes déchaînés et d'un refrain des plus inspirés. Le résultat est tout bonnement excellent. Le deuxième est l'incontournable conclusion acoustique devenue traditionnelle chez Maiden, sauf que là, on est en présence d'une référence du genre. Une intro acoustique longue avec un chant merveilleux et très varié de Dickinson qui, comme d'habitude n'atteint l'apogée de ses capacités qu'en fin d'album. La deuxième partie est à elle seule un titre de Heavy Metal des plus respectables et surprenants, et ce par son caractère novateur dans l'univers Maiden qui appelle au respect d'autrui et à la réconciliation.

Justement, cet album réconcilie Maiden avec la majorité de ceux qui n'avaient pas aimé « Dance Of Death ». Pour le reste, cet album constitue une tentative du groupe de changer ses sonorités habituelles et de puiser dans de nouvelles sources d'inspiration. De ce côté, le résultat est moins réussi que « Dance Of Death », mais sous un autre angle, cet album ressemble beaucoup plus à ce que l'on peut appeler un classique de la « vierge ». Quant à la comparaison avec « Brave New World », elle n'a même pas lieu d'être, aucun titre de cet album n'arrivant à la cheville du sublime « The Wickerman ». Ceci dit, après plus de 30 ans de carrière, le combo est encore en mesure de pondre des albums de première classe. Parlez en à Metallica ou à Slayer, vous comprendrez la différence.


 Sepultura - Dante XXI,  10/04/06-45-2006

Note générale (weighted)
2.6
Musicalité
3.0
Originalité
2.0
Feeling
2.0
Production
4.0
Durabilité
2.0
Artwork
3.0
"Dante XXI", si l'on en croyait les rumeurs, serait le disque qui pourra sans doute remettre à flot Sepultura, un groupe qui vacille depuis le départ de son fondateur Max Cavalera en 1997 puisque, depuis, le groupe n'a cessé de décevoir ses fans en enchaînant les navets.

Le groupe décide aujourd'hui de re-conquérir ses fans en recommençant du zéro. Une tournée en deuxième partie d'IN Flames, un nouveau label et un album concept : "Dante XXI". Sepultura entame "Dante XXI" par "Dark Wood Of Error", une chanson basée sur un riff nerveux et une batterie déchirante, chose habituelle dans la majorité des albums du groupe, "Convicted In Life" continue sur le même ton, le riff ne change quasiment pas et les solos ne sont pas si imaginatifs. A partir du titre "City Of Dis", c'est la monotonie des cris de Derrick Green qui se fait ressentir, les riffs sont cependant plus variés, plus lents sur certains passages, " Fighting On" confirme cette lenteur et sombre même dans un atmosphère Doom étrange à un album de Thrash.

Violent enchaînement avec "Ostia ", un titre qui commence si violemment pour déboucher sur un magnifique passage de contrebasse rappelant le Metal d'Apocalyptica ou même Celtic Frost à leurs débuts. A partir de là, l'album prend une meilleure tournure ; les riffs et les tons du guitariste Andreas Kisser sont plus imaginatifs, plus variés et plus brutaux. Le bassiste Paulo Pinto Jr. et le batteur Igor Cavalera, donnent les mêmes rythmes solides qu'on leur connaît. Derrick Green lui, devient plus confortable, et gratifie l'auditeur de différentes gammes et tons de voix. Même s'ils ne sont en aucun cas au niveau des chefs d''uvre de première date du groupe, "Buried Words","Nuclear Seven" et "Repeating The Horror" sont les meilleurs titres de cet album.

Le groupe ne pouvait pas trouver une meilleure conclusion à "Dante XII" que ce fabuleux "Still Flame", un titre à l'ambiance d'Orphaned Land, une ambiance Doom avec des voix étranges sombrant dans l'obscurité en signant la fin de l'album, ces voix constituent probablement l'unique signification de la pochette choisie pour l'album.

A noter que l'album contient pas moins de quatre titres courts qui ne dépassent pas la minute et dont l'apport à l'album est minime et quasi inexistant.

La production de l'album a cependant un rôle important dans le résultat final, en affinant le son et surtout en aidant la voix de Greene à ne pas paraître ridicule devant celle de Cavalera. Par contre, l'album montre que Sepultura n'est plus le groupe qui dépend de la présence d'un seul homme, mais une entité qui a su garder le timbre de Thrash mélangé à quelques touches progressives. On a bien le sentiment que le groupe renaît d'entre ses cendres, mais il est évident qu'il lui faut du temps pour reconstituer la légende qu'il était. "Dante XXI" est donc un album moyen, certes meilleur que "Roorback" mais loin de la capacité et de l'inspiration qui caractérisaient ses membres auparavant.


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Commentaires

Septicflesh
Yep!nice shot le MGBS, félicitations,...
03/05/08 00:49 plus...
par Mephisto

Festival Méditerranéen de la...
L'article date du 22/08/2007 depuis il...
18/03/08 19:19 plus...
par demonark

ABBA en deuil
erff c'est bien malheureux de finir de...
18/03/08 18:57 plus...
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Festival Méditerranéen de la...
y a rien de tout ça... y aura Drak...
18/03/08 11:56 plus...
par Dark Shark

Elvenking
pas mal du tout! :)
27/01/08 23:51 plus...
par RargouTia

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