| Ecrit par the_arcane,
le 26-07-2006 23:23
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Half a Moment est le nom sous lequel je fais de la musique depuis
maintenant un an et demie. J’ai commencé à faire quelques sons sans
vraiment avoir de « nom », et j’ai fini par devoir le choisir pour une
question très administrative, tout simplement à partir des paroles du
premier « morceau » que j’avais réalisé. Mais j’aimais bien cette idée
de quantifier une dimension aussi vague et inaccessible que le temps.
Le reste est venu au fur et à mesure : première démo en Octobre 2004,
premier live en juillet 2005, et « Schants », dernière démo en date, en
Septembre 2005.
Difficile de définir le genre de musique que fait
Half a Moment, un projet qui nous vient du Maroc, mélangeant entre la
musique sombre, industrielle, ambiante…
Jafaar l’unique personne qui se cache derrière ce nom nous en révèle plus !
Salut Jafaar, peux-tu commencer par nous
présenter Half A Moment (et pourquoi l'avoir choisi comme nom)? Qui se
cache derrière ce nom, origines, en soulignant les principaux traits du
parcours musical…
Half a Moment est le nom sous lequel je fais de la musique depuis
maintenant un an et demie. J’ai commencé à faire quelques sons sans
vraiment avoir de « nom », et j’ai fini par devoir le choisir pour une
question très administrative, tout simplement à partir des paroles du
premier « morceau » que j’avais réalisé. Mais j’aimais bien cette idée
de quantifier une dimension aussi vague et inaccessible que le temps.
Le reste est venu au fur et à mesure : première démo en Octobre 2004,
premier live en juillet 2005, et « Schants », dernière démo en date, en
Septembre 2005.
Comment définirais-tu le style de musique de Half A Moment ?
A l’origine je n’avais pas réellement de genre déterminée, mais un
chroniqueur a qualifié ma première véritable démo « Say you’re sixteen
» d’industriel / ambient, et cette étiquette me va très bien, je l’ai
donc adoptée. « Industriel » parce que j’ai une certaine recherche de
sonorités métalliques, âpres, voire bruitistes, et « ambient » parce
que ma musique reste assez contemplative même dans ses parties les plus
rythmées.
Penses-tu que ce style peut être apprécié et avoir du succès dans la scène magrébine ?
Bien sûr. Les choses vont très doucement, mais devant le relatif
essoufflement des scènes rock et metal, je pense que de plus en plus de
maghrébins tendront vers des musiques aux codes différents, avec un
rapport nouveau au son. Dans ce que je connais des scènes maghrébines
alternatives, il y a un énorme problème de conformisme. Ceux qui
veulent faire de la musique le font la plupart du temps mécaniquement :
ils cherchent à constituer le groupe « traditionnel » avec guitares,
basse, et batterie, puis seulement réfléchissent à ce qu’ils veulent en
faire, et le résultat, ce sont tous ces groupes quasiment identiques
qui font les mêmes reprises. A force, je pense et j’espère que de plus
en plus on réfléchira à quelle musique on désire faire de beaucoup plus
loin, et que de plus en plus de projets sortiront du schéma rock’n roll
classique pour explorer des musiques différentes. L’indus en fait
clairement partie.
Peux-tu nous parler un peu des influences musicales, qui ont surtout poussé à composer dans ce genre ?
Je suis pris entre deux mondes, d’abord le gothic rock old school
(Fields of the Nephilim, Sisters of Mercy, Garden of Delight, …),
ensuite les musiques industrielles et rythmiques plus contemporaines
(Ah Cama-Sotz, Empusae, This Morn’Omina, …). Cela peut sembler étrange
mais je reste persuadé qu’il y a beaucoup de ponts possibles entre la
démarche et les inspirations d’un Carl Mc Coy et celles d’un Herman
Klapholz. J’ai choisi de travailler plutôt en musique industrielle
parce que je ne trouve plus réellement intéressants les efforts des
groupes actuels pour aller de l’avant avec toujours les mêmes carcans «
rock’n roll ». Le gothic rock des 80s et ses dérivées immédiates sont à
mon sens parmi les derniers soubresauts intéressants de ces musiques «
à guitares ».
Pourquoi tes titres se basent-ils, dans la
majorité du temps sur l’instrumentation et on ne trouve que rarement
des paroles/chants ?
Sans doute d’abord parce que je n’ai aucune formation de chanteur ! Il
ne faut pas le prendre comme un choix par défaut, mais il y a
néanmoins un certain nombre de choses que j’aimerais pouvoir ajouter à
ma musique mais que je m’interdis parce que je sais que je ne suis pas
compétent pour cela : plus de mélodies, une instrumentation
traditionnelle… Cela viendra peut-être, mais en attendant j’explore les
domaines que je maîtrise à peu près. Et ça n’a en général rien de
vraiment limitatif, au contraire, je pense que souvent, plaquer un
discours objectif sur une impression peut la décrédibiliser totalement
en la réduisant à un cliché, et je préfère laisser à chacun une
certaine liberté. Je laisse un certain nombre d’indices dans les titres
et les visuels, mais qui pourra exactement dire les sensations que je
veux transmettre par un « From Beyond » ou par un « Body Hammer » ?
SchantsComment se sont déroulés la composition et l'enregistrement des deux demos "Say you're sixteen" et "Schants" ?
« Say you’re sixteen » a été réalisée et enregistrée entièrement sur
ordinateur, au fur et à mesure que je découvrais les possibilités de
mon logiciel de l’époque. Pour « Schants », les choses ont été plus
intéressantes. D’abord, j’ai travaillé en grande partie avec du
hardware, ensuite, j’ai pu tester les morceaux en live avant d’en faire
une version à peu près fixe pour la démo. Tout cela en fait un travail
à la fois plus varié et plus solide du point de vue de la cohérence. «
Schants » est le morceau commencé le plus tôt et fini le plus tard,
tandis que « Body Hammer » a été bouclé en quelques jours dans des
conditions bien particulières.
Peux tu nous parler des tes expériences lives ?
Je me suis produit aux soirées Lost in Casablanca de Juillet et
Novembre 2005. Jouer live est extrêmement plaisant, surtout face à un
public qui pour beaucoup découvrait ma musique, et parfois même
l’industriel en général. J’essaie de donner une autre dimension aux
morceaux, de les lier entre eux en faisant revenir certains thèmes à
différents moments du live, bref, de proposer quelque chose de
réellement intéressant pour moi comme pour le public, qu’il connaisse
déjà les démos ou pas.
Avec qui aurais-tu aimé partager la scène un jour ?
Des formations comme This Morn’Omina et leur mélange de percussions
tribales et de rythmes techno-indus sont un exemple intéressant
de réel travail live (avec des percussionnistes sur scène et un
univers bien particulier). J’aime aussi énormément le travail de C-drik
et je me fais une joie de le recevoir bientôt, peut-être aurons-nous
l’occasion de jouer ensemble.
Je site sur le blog du groupe/projet : "Pour ma part, parmi mes
résolutions pour 2006 il y a arrêter de faire n'importe quoi en
musique". Mais comme je suis incorrigible je balance quand même, telles
quelles, mes dernières maquettes, avant de tourner la page Half a
Moment ».
En quoi ces dernières "Maquettes" peuvent être différents des releases précédents ?
Tout simplement, ces « maquettes » ne sont pas réellement une sortie,
mais plutôt une trace des morceaux que j’ai travaillé ces derniers
mois, après avoir mis en ligne « Schants ». Ils sont loin d’être
aboutis, seulement, j’ai besoin de passer à autre chose, et je ne pense
pas les mener plus loin dans l’immédiat, aussi je me contente de les
livrer tels quels, sans souci de tracklist, d’artwork, ou de quoi que
ce soit de formel. Il y a donc de tout : un moreau dark ambient /
drones, un morceau presque electronica, une sorte d’indus ambient aux
teintes rituelles, et un délire presque live qui mêle passages aux
limites du dub et rythmiques agressives…
"Avant de tourner la page Half a Moment". Peut
on dire que c’est la fin de Half a Moment ? ou il y’a encore des
projets en cours ? Que veux tu dire par "arrêter de faire n'importe
quoi en musique" ? et tu ne penses pas que ça dévalorise tes efforts
avec Half a Moment ?
Je pense que je n’irai pas plus loin sous ce nom, parce que Half a
Moment est un avatar sans concept, sans ligne de conduite musicale. Ce
n’était pas gênant au départ, mais cela commence à me peser, je
regrette de « faire du son » sans autre direction que mes inspirations
au jour le jour. Mais je n’ai encore rien mis au point pour la suite,
et je ne regrette absolument rien de ces quelques mois avec Half a
Moment, au contraire, j’en ai d’excellents souvenirs. Simplement, je
compte prendre un peu de temps pour apprendre quelques choses de façon
plus posée (traitement son, théorie, programmation, entre autres) et
repartir peut-être avec d’autres bases.
Merci d'avoir pris la peine de répondre à toutes ces questions. Un dernier mot/message à passer avant de finir ?
Mais de rien, merci à toi de t’intéresser à des musiques si peu
représentées au Maghreb ! Si j’avais un message à passer, ce serait
celui de l’audace. Les scènes locales me rendent malade par leur
conformisme. Je ne prétends pas avoir trouvé ni apporté la solution,
mais plus de découvertes et d’expérimentations seraient réellement les
bienvenues.
Dernière mise à jour : 16-01-2007 14:07
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